Rentrée de la paroisse Notre-Dame de Délivrance au Vieux-Bourg – retour en images et homélie du Père Serge
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Messe de rentrée de la paroisse Notre-Dame de Délivrance
La communauté paroissiale de Notre-Dame de Délivrance de Quintin et ses relais s’est réunie le 27 septembre en l’église Notre-Dame et Saint-Corentin du Vieux Bourg.
Voici l’homélie du Père Serge Kougnande :
« Frères et sœurs,
Je reviens de Paris où j’ai participé à la messe du pape. J’ai prié pour notre communauté et pour sa rentrée.
Une rentrée, c’est toujours un moment particulier.
Après les vacances, après le rythme plus calme de l’été, nous nous retrouvons. Les enfants et les jeunes reprennent le chemin de l’école, les familles retrouvent leurs habitudes, les activités reprennent.
Et pour nous, communauté chrétienne, c’est aussi le moment de nous retrouver, de reprendre notre chemin ensemble et de nous demander : qu’allons-nous vivre cette année comme communauté ?
Les textes de ce dimanche nous donnent justement quelques repères.
Dans l’Évangile, Jésus raconte l’histoire de deux fils. Le père demande au premier : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne. » Le fils répond : « Je ne veux pas. » Mais ensuite, il change d’avis et il y va. Le deuxième répond : « Oui, Seigneur ! » Mais finalement, il n’y va pas. Et Jésus pose cette question très simple : « Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
La réponse est évidente : celui qui, finalement, est allé travailler à la vigne.
Cette parabole nous rejoint particulièrement en ce jour de rentrée parce qu’une communauté chrétienne ne vit pas seulement de bonnes intentions. Elle ne vit pas seulement de belles paroles, de projets ou de programmes. Elle vit de personnes qui acceptent de dire : « Me voici », et qui essaient ensuite de traduire ce « oui » dans leur vie. Nous pouvons facilement dire : «Oui, il faut accueillir davantage. »« Oui, il faut être plus fraternels. »« Oui, il faut prendre soin de notre communauté. » Mais le Seigneur nous demande aujourd’hui : qu’allons-nous réellement faire ? La rentrée est donc une invitation à passer des paroles aux actes.
Dans la parabole, le père dit simplement : « Va travailler à ma vigne. »
La vigne, c’est l’Église, c’est notre communauté, mais c’est aussi le monde dans lequel Dieu nous envoie. Et dans cette vigne, il y a de la place pour chacun. Il y a ceux qui sont engagés depuis longtemps, ceux qui prennent une responsabilité pour la première fois, ceux qui donnent beaucoup de leur temps et ceux qui ne peuvent donner qu’un peu. Personne n’est inutile dans la vigne du Seigneur. Et peut-être que cette rentrée est pour certains une invitation à entendre à nouveau cette parole : « Va, toi aussi, travailler à ma vigne. » Ce n’est pas nécessairement pour faire davantage, mais peut-être simplement pour faire sa part : un accueil à l’entrée de l’église le dimanche, un sourire à la sortie de la messe, (je remercie les membres de l’équipe missionnaire pour ce travail), une attention à une personne isolée, un service ponctuel, une présence auprès des enfants ou des jeunes, une visite à quelqu’un qui ne peut plus venir à l’église, une main tendue à une personne nouvelle dans notre communauté. Le Royaume de Dieu grandit souvent à travers des choses très simples. Et aujourd’hui, nous en aurons d’ailleurs un petit signe concret : après cette messe, nous prendrons un temps pour notre assemblée paroissiale, pour regarder ensemble le chemin que nous voulons poursuivre. Et nous remettrons aussi ensemble sa lettre de mission à une personne qui commence un nouveau service comme guide de funérailles. C’est une manière très concrète de répondre à l’appel du Seigneur : « Va travailler à ma vigne. »
Dans la deuxième lecture, Saint Paul nous dit : « Ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. »
Voilà peut-être l’un des grands défis de toute communauté chrétienne.
Nous avons tous nos idées, nos habitudes, nos sensibilités, nos façons de faire. Et c’est normal. Mais l’Église n’est pas une addition de personnes qui viennent chacune chercher ce qui lui convient. Nous sommes appelés à devenir un peuple, une famille, un corps. Et Paul nous donne le modèle : le Christ Jésus. Lui qui était de condition divine « s’est abaissé », il s’est fait serviteur. C’est cela qui doit être au cœur de notre manière de vivre ensemble.
À la rentrée, nous pouvons donc nous poser une question très simple :
Est-ce que ma manière de servir construit la communauté ou est-ce qu’elle tourne autour de moi ? Est-ce que je cherche d’abord à avoir raison ? Ou est-ce que je cherche à construire l’unité ? Est-ce que je me demande seulement : « Qu’est-ce que la paroisse peut faire pour moi ? » Ou puis-je aussi me demander : « Qu’est-ce que je peux apporter à la communauté ? »
Une communauté chrétienne devient vraiment fraternelle lorsque chacun accepte de ne pas être au centre.
Notre année pastorale nous invite justement à vivre autour de cette conviction : « Accueillir la création, grandir en fraternité. » Prendre soin de la création, c’est apprendre à recevoir ce qui nous est donné, à respecter ce qui nous entoure. Et grandir en fraternité, c’est apprendre à recevoir l’autre comme un don. La création nous est confiée. Notre communauté nous est confiée. Les personnes que nous rencontrons nous sont confiées. Nous ne sommes pas propriétaires de la vigne. Nous en sommes les serviteurs. Voilà peut-être une belle manière de commencer cette nouvelle année pastorale.
En ce jour de rentrée, demandons au Seigneur la grâce de ne pas être seulement une communauté qui dit « oui », mais une communauté qui se met en route, où chacun trouve sa place, où l’on se porte les uns les autres. Une communauté qui accueille, qui prend soin de la maison commune. Et surtout, une communauté qui garde les yeux fixés sur le Christ, lui qui nous montre le chemin du don, du service et de la fraternité. Amen »